La Mayenne en France

La pêche de la truite


Préparons l'ouverture

par Jean-Michel URVOY


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La pêche des vairons


Pêcher des vairons :
Le matériel :

Pour nos cours d'eau, une canne télescopique de 3 mètres de long, une boîte contenant lignes et bas de ligne, une boîte à esches et un seau à vifs, tel est le matériel nécessaire pour capturer ces friandises à truites.
Matériel complet
La boîte à lignes La boîte à lignes :

Outre les lignes, cette boîte contient une autre boîte à hameçons et le nécessaire pour monter une ligne en urgence (au cas où toutes celles qui sont préparées seraient hors d'usage). Sa forme allongée est bien pratique pour la ranger dans le "carnier" de ma veste de pêche.
Les lignes :

Deux types de lignes sont suffisants pour toute la saison. Au départ, j'utilise des lignes de 2,20 m, mais dès qu'arrivent les beaux jours, je préfère utiliser des lignes beaucoup plus courtes (1 m) qui me permettent d'aller chercher les vairons dans des endroits plus encombrés de végétation.

Sur du fil de 8 centièmes, je monte un flotteur assez trapu lesté par 5 ou 6 plombs dont un plus petit sera le plus près du bas de ligne. Je veille à ce que les plombs puissent être déplaçables lors de la sortie de pêche.
Le bas de ligne est en 7 centièmes : 10 cm de long avec un hameçon n° 22 à longue tige.
Le flotteur
Les hameçons Les bas de lignes :

Comme il est beaucoup plus facile de monter les hameçons à la maison, j'en prépare deux ou trois pochettes que je place dans ma boîte de pêche.
Les esches :

Bien que les fifises soient efficaces, je préfère les pinkies qui sont beaucoup plus "tendres", pinkies rouges et blancs, certains jours une couleur donnant de meilleurs résultats que l'autre.
Placés dans un réfrigérateur, ils peuvent être conservés de nombreuses semaines.
Les pinkies
Le seau à vifs :

J'utilise un grand seau à vifs rempli d'une faible hauteur d'eau pour une meilleure oxigénation des poissons. Dès que la température monte, j'adapte un aérateur à bulles pour avoir toutes les chances de ramener des vairons encore vivants à la maison.


Où les prendre ?

Pour l'ouverture, seuls les cours d'eau de 2ème catégorie sont autorisés.
C'est en prospectant les ruisseaux et petites rivières qu'on déniche les postes à vairons. Ils aiment être proches des courants sans avoir à suporter la violence de l'eau. Si les vairons sont là, les touches se manifestent tout de suite. Sinon, pas la peine d'insister. Mieux vaut aller tenter sa chance ailleurs. Un poste excellent un jour peut quelques temps après se montrer désert. Si vous le pouvez, choisissez une journée où le soleil pointe le bout de son nez.

Bien que les pêcheurs soient très discrets sur leurs coins de pêche, je peux en citer quelques uns : L'Ouette, autour de PARNÉ SUR ROC, le Saint-Nicolas, du côté de LA CHAPELLE ANTHENAISE, le ruisseau de La Paillardière sur la commune d'AHUILLÉ, le Chéran à proximité de RENAZÉ,...


Comment les prendre ?

Il est indispensable de pêcher près du fond. L'utilisation d'une sonde n'est pas superflue si le secteur est inconnu. Il suffit parfois d'ajouter quelques centimètres de fond pour que le nombre de touches augmente. Certains jours, il faut dépasser largement la profondeur du cours d'eau pour les prendre, ce qui entraîne inévitablement des casses. Les bas de ligne prêts d'avance et soigneusement rangés (surtout les jours de pluie) sont alors précieux.
Moins il y a de courant, plus la sensibilité de la ligne est importante. Veillez à ce que seule l'antenne soit visible.

Commencez par prospecter les secteurs où le courant ralentit (après un obstacle, par exemple, ou dans le retour d'une courbe). Ce n'est pas perdre son temps que de regarder l'eau pour voir les mouvements d'eau et repérer les zones qui sans être aussi calmes qu'un plan d'eau sans vent sont toutefois servies par un courant léger. Plus la température s'élèvera dans la saison et plus il faudra chercher dans le courant.

Même si un pinkie peut prendre plusieurs vairons, ne pas hésiter à en changer dès que les touches ralentissent.

Inutile de conserver des vairons atteignant péniblement les deux ou trois centimètres. D'abord, ils seraient encore plus fluets pour l'ouverture et pensez à l'avenir : ce sont eux qui représentent les prochaines générations de vairons !

La bonne taille, à mes yeux, se situe autour de 4 cm. Les gros vairons, s'ils sont utiles plus tard pour la pêche de carnassiers, je préfère les remettre à l'eau.


La conservation des vairons


Conserver des vairons :
Le matériel :

De nombreuses solutions s'offrent à vous, la différence se situant plus au niveau du local dont vous disposez. Dans un appartement, un aquarium conviendra parfaitement.
Dans un sous-sol (j'évite de les mettre dehors, les fortes gelées de février, pas tous les ans il est vrai, pouvant en une nuit anéantir tous les poissons), on peut utiliser une grande poubelle de jardin, une ancienne glacière, une baignoire récupérée,..
Un aérateur à bulles est le minimum nécessaire pour les conserver facilement. Une pompe avec filtre est recommandée si le local craint la chaleur.

Fin janvier, dès que la pêche des carnassiers est fermée, j'ai nettoyé la baignoire en la remplissant d'eau puis en versant de l'eau de javel, le tout restant à "décanter" pendant plusieurs jours.
Un bon rinçage et la baignoire est prête à accueillir les vairons.

Quelques jours avant l'arrivée de vairons, je remplis la baignoire d'eau afin que le chlore s'évapore.
Le bulleur
La baignoire à vairons La conservation :

Utilisant une ancienne baignoire avec une arrivée d'eau à proximité, il m'est facile de changer souvent l'eau. Quand je prends des vairons, dans les deux jours qui suivent, je prévois de renouveler l'eau (les vairons se "purgent").

Une surveillance quotidienne est souhaitable pour éliminer les quelques poissons morts et changer l'eau dès qu'elle contient trop de déchets.

Nourrir les vairons n'est pas une chose facile.
Quand je prends mes vairons peu avant l'ouverture, je préfère les laisser jeûner afin d'en perdre un minimum. J'ai pu remarquer que ceux qui mouraient servaient de repas pour les autres.


La préparation du matériel


Matériel de pêche :
Le matériel complet :

Inutile de s'attarder sur la discrétion nécessaire à la pratique de cette pêche, une tenue vestimentaire adaptée s'impose. (pas d'anorak blanc, comme je l'ai vu, ou d'imperméable ciré jaune vif!!!)
Le port de cuissardes, dans la plupart des rivières, est appréciable pour décrocher la monture prise dans la branche d'en face et utile pour passer facilement d'une rive à l'autre, sans oublier qu'elles permettent de pêcher dans l'eau en remontant le courant, dès que le niveau le permet mais seulement 30 jours après la date d'ouverture. (cf arrêté permanent)

Sur la photo ci-contre à droite, mon équipement pour la truite : veste et casquette, cuissardes dans un sac de transport (le coffre de la voiture apprécie !), canne dans un étui protecteur (+ une autre en réserve, au cas où), sac de matériel. Manque sur la photo le seau à vairons vivants.
Equipement complet
La canne La canne :

Deux techniques s'opposent. Certains préfèrent utiliser des cannes à lancer (pour leur précision et leur légèreté), les autres optant pour des longues cannes (pour leur faculté à placer le vairon au nez de la truite).
La seconde technique a ma préférence : les truites d'ouverture sont "molles" et le vairon doit passer lentement devant leur niche.
Après avoir utilisé une canne de 5 m en trois brins (assez lourde au bout d'un moment), je pêche depuis plusieurs années avec une canne téléréglabe. Elle me permet aussi bien de pêcher la rive en face que de me faufiler sous les branches en raccourcissant la longueur. Il semble important de choisir une canne avec des anneaux surélevés pour une meilleure glisse du fil, surtout les jours de pluie

Sur la photo ci-contre à gauche, la canne est posée sur un étui en velours qui la protège lors des transports. La boîte pellicule photo permet de transporter la canne, monture installée, sans risque de voir l'hameçon se prendre dans le siège de la voiture, par exemple.
Le moulinet :

Le moulinet, vu la largeur de nos rivières, est uniquement une réserve de fil. On le préfèrera léger, avec un frein sensible et souple, garni d'un fil en 20 ou 22 centièmes. En revanche, j'aurais maintenant bien du mal à me passer du fil fluo dont la visibilité est précieuse.
J'utilise un bas de ligne en 18 ou 20 centièmes en nylon classique, d'abord pour son absence de couleur et aussi parce que le nœud séparant les deux teintes est un auxiliaire intéressant pour connaître la hauteur d'eau.
Le moulinet
La boîte à pêche La boîte à pêche :

Elle se doit d'être légère, fonctionnelle et non bruyante (emploi de plusieurs couche de mousse).
Voici la mienne composée de :
Les montures :
Pour l'ouverture, je laisse mes montures "Plasseraud" de côté pour n'utiliser que des montures dites de "l'Aune" rebaptisée "godille".
Pour éviter quelques jurons en action de pêche quand on constate que le trou est bouché, il est préférable de vérifier ses montures tranquillement au chaud.
Je les place dans une boîte remplie de polystyrène pour éviter le bruit et le mélange de tous ces accessoires.
En plus des n° 0, 1, 2 et 3, j'ai toujours quelques grosses montures pour les ouvertures en eaux très fortes.

Les hameçons :
Pour l'ouverture, j'utilise des triples n° 6 ou 8 bleus (qui sont fins de fer et très piquants). Eux aussi sont placés séparément dans la boîte.

Les chevrotines :
Avoir dans la boîte plusieurs chevrotine de 6 grammes.

Les aiguilles à locher :
Après en avoir perdu quelques unes, j'ai fini par les recouvrir de blanco® puis d'une peinture fluo et depuis, même si elles m'échappent toujours des mains, je les retrouve facilement.

Les épingles :
Même si j'ai vérifié les trous des montures, inévitablement, au cours des parties de pêche, elles s'obstruent à nouveau par l'entrée de petits cailloux. Deux ou trois épingles garnissent en permanence ma boîte.
La boîte à vairons :

Légère, incassable et très pratique avec sa bandoulière. On peut la remplacer par un bocal à cornichons, surtout les modèles qui ont un dispositif en plastique pour remonter les cucurbitacés sans se mouiller les doigts ; défaut : le verre ça casse !
La boîte à vairons


Le matériel supplémentaire :


La veste de pêche La veste de pêche :

Imperméable (suffisamment longue pour dépasser la hauteur des cuissardes ; c'est très intéressant quand il pleut !) et sobre, avec un carnier, cher aux chasseurs.
Dans les poches, outre la boîte à pêche évoquée précédemment, une pince plate pour décrocher les hameçons, un mètre ruban pour mesurer les poissons, un couteau aiguisé (naturellement !), une boîte à cuillers et Rapalas®, un chiffon, un coupe fil, une lime à hameçons, une boîte pellicule photos,...
A l'intérieur, protégés de la lumière et de l'humidité, la bobine pour les bas de ligne (fil transparent fluorocarbone Ø 18 centièmes), la carte de pêche, des pansements, du papier toilette...
J'ai abandonné la musette qui, en plus de sa lourdeur, est souvent une gêne pour les déplacements.


Le matériel de réserve :(dans le coffre de la voiture)

Rien n'est plus frustrant que de ne plus pouvoir pêcher soit parce qu'on vient de laisser partir au fil de l'eau (et ça ne flotte pas !) sa boîte à pêche ou soit qu'on se retrouve victime d'autres avatars du même style (canne cassée, moulinet enrayé...).
J'emmène donc avec moi, une seconde canne, un deuxième moulinet, une boîte à pêche identique à l'autre, sans oublier une tenue de rechange complète (ma maladresse m'a fait parfois goûter aux joies discutables d'un bain forcé).
La balayette présente sur la photo ci-contre me sert pour nettoyer les cuissardes en fin de partie de pêche. J'ai toujours avec moi, également, des cartes IGN® de la région.
Le matériel de réserve


Maintenant le plus difficile, c'est... d'attendre l'ouverture !!!