Pêcher des vairons
Le matériel
Pour nos cours d'eau, une canne télescopique de 3 mètres de long, une boîte contenant lignes et bas de ligne, une boîte à esches et un seau à vifs, tel est le matériel nécessaire pour capturer ces friandises à truites.
La boîte à lignes
Outre les lignes, cette boîte contient une autre boîte à hameçons et le nécessaire pour monter une ligne en urgence (au cas où toutes celles qui sont préparées seraient hors d'usage). Sa forme allongée est bien pratique pour la ranger dans le "carnier" de ma veste de pêche.
Les lignes
Deux types de lignes sont suffisants pour toute la saison.
Au départ, j'utilise des lignes de 2,20 m, mais dès qu'arrivent les beaux jours, je préfère utiliser des lignes beaucoup plus courtes (1 m) qui me permettent d'aller chercher les vairons dans des endroits plus encombrés de végétation.
Sur du fil de 8 centièmes, je monte un flotteur assez trapu lesté par 5 ou 6 plombs dont un plus petit sera le plus près du bas de ligne. Je veille à ce que les plombs puissent être déplaçables lors de la sortie pêche.
Le bas de ligne est en 7 centièmes : 10 cm de long avec un hameçon n°22 à longue tige.Les bas de ligne
Comme il est beaucoup plus facile de monter les hameçons à la maison, j'en prépare deux ou trois pochettes que je place dans ma boîte de pêche.
Les esches
Bien que les fifises soient efficaces, je préfère les pinkies qui sont beaucoup plus "tendres", pinkies rouges et blancs, certains jours une couleur donnant de meilleurs résultats que l'autre.
Placés dans un réfrigérateur, ils peuvent être conservés de nombreuses semaines.
Le seau à vifs
J'utilise un grand seau à vifs rempli d'une faible hauteur d'eau pour une meilleure oxygénation des poissons. Dès que la température monte, j'adapte un aérateur à bulles pour avoir toutes les chances de ramener des vairons encore vivants à la maison.
Où les prendre ?
Pour l'ouverture, seuls les cours d'eau de 2ème catégorie sont autorisés.
C'est en prospectant les ruisseaux et petites rivières qu'on déniche les postes à vairons. Ils aiment être proches des courants sans avoir à supporter la violence de l'eau. Si les vairons sont là, les touches se manifestent tout de suite. Sinon, pas la peine d'insister. Mieux vaut aller tenter sa chance ailleurs. Un poste excellent un jour peut quelque temps après se montrer désert. Si vous le pouvez, choisissez une journée où le soleil pointe le bout de son nez.Bien que les pêcheurs soient très discrets sur leurs coins de pêche, je peux en citer quelques-uns : L'Ouette, autour de PARNÉ SUR ROC, le Saint-Nicolas, du côté de LA CHAPELLE ANTHENAISE, le ruisseau de la Paillardière sur la commune d'AHUILLÉ, le Chéran à proximité de RENAZÉ, ...
Comment les prendre ?
Il est indispensable de pêcher près du fond. L'utilisation d'une sonde n'est pas superflue si le secteur est inconnu. Il suffit parfois d'ajouter quelques centimètres de fond pour que le nombre de touches augmente. Certains jours, il faut dépasser largement la profondeur du cours d'eau pour les prendre, ce qui entraîne inévitablement des casses. Les bas de ligne prêts d'avance et soigneusement rangés (surtout les jours de pluie) sont alors précieux.
Moins il y a de courant, plus la sensibilité de la ligne est importante. Veillez à ce que seule l'antenne soit visible.Commencez par prospecter les secteurs où le courant ralentit (après un obstacle, par exemple, ou dans le retour d'une courbe). Ce n'est pas perdre son temps que de regarder l'eau pour voir les mouvements d'eau et repérer les zones qui sans être aussi calmes qu'un plan d'eau sans vent sont toutefois servies par un courant léger . Plus la température s'élèvera dans la saison et plus il faudra les chercher dans le courant.
Même si un pinkie peut prendre plusieurs vairons, ne pas hésiter à en changer dès que les touches ralentissent.
Inutile de conserver des vairons atteignant péniblement les deux ou trois centimètres. D'abord, ils seraient encore plus fluets pour l'ouverture et pensez à l'avenir : ce sont eux qui représentent les prochaines générations de vairons !
La bonne taille, à mes yeux, se situe autour de 4 cm. Les gros vairons, s'ils sont utiles plus tard pour la pêche de carnassiers, je préfère les remettre à l'eau.
Conserver des vairons
Le matériel
De nombreuses solutions s'offrent à vous, la différence se situant plus au niveau du local dont vous disposez.
Dans un appartement, un aquarium conviendra parfaitement.
Dans un sous-sol (j'évite de les mettre dehors, les fortes gelées de février, pas tous les ans il est vrai, pouvant en une nuit anéantir tous les poissons), on peut utiliser une grande poubelle de jardin, une ancienne glacière, une baignoire récupérée, ...
Un aérateur à bulles est le minimum nécessaire pour les conserver facilement. Une pompe avec filtre est recommandée si le local craint la chaleur.
Fin janvier, dès que la pêche des carnassiers est fermée, j'ai nettoyé la baignoire en la remplissant d'eau puis en versant de l'eau de javel, le tout restant à "décanter" pendant plusieurs jours.
Un bon rinçage et la baignoire est prête à accueillir les vairons.Quelques jours avant l'arrivée de vairons, je remplis la baignoire d'eau afin que le chlore s'évapore.
La conservation
Utilisant une ancienne baignoire avec une arrivée d'eau à proximité, il m'est facile de changer souvent l'eau.
Quand je prends des vairons, dans les deux jours qui suivent, je prévois de renouveler l'eau (les vairons se "purgent").
Une surveillance quotidienne est souhaitable pour éliminer les quelques poissons morts et changer l'eau dès qu'elle contient trop de déchets.
Nourrir les vairons n'est pas une chose facile.
Quand je prends mes vairons peu avant l'ouverture, je préfère les laisser jeûner afin d'en perdre un minimum. J'ai pu remarquer que ceux qui mouraient servaient de repas pour les autres.Préparer son matériel
La canne et le moulinet
Deux techniques s'opposent. Certains préfèrent utiliser des cannes à lancer (pour leur précision et leur légèreté), les autres optant pour des longues cannes (pour leur faculté à placer le vairon au nez de la truite).
La seconde technique a ma préférence : les truites d'ouverture sont "molles" et le vairon doit passer lentement devant leur niche.
Après avoir utilisé une canne de 5 m en trois brins (assez lourde au bout d'un moment), je pêche depuis plusieurs années avec une canne téléréglable. Elle me permet aussi bien de pêcher la rive en face que de me faufiler sous les branches en raccourcissant la longueur. Il semble important de choisir une canne avec des anneaux surélevés pour une meilleure glisse du fil, surtout les jours de pluie.
Le moulinet, vu la largeur de nos rivières, est uniquement une réserve de fil. On le préfèrera léger, avec un frein sensible et souple, garni d'un fil en 20 ou 22 centièmes. En revanche, j'aurais maintenant bien du mal à me passer du fil fluo dont la visibilité est précieuse.
J'utilise un bas de ligne en 18 ou 20 centièmes en nylon classique, d'abord pour son absence de couleur et aussi parce que le nœud séparant les deux teintes est un auxiliaire intéressant pour connaître la hauteur d'eau.
La boîte à pêche
- Les montures
Pour l'ouverture, je laisse mes montures "Plasseraud" de côté pour n'utiliser que des montures dites de l'Aulne" rebaptisée "godille".
Pour éviter quelques jurons en action de pêche quand on constate que le trou est bouché, il est préférable de vérifier ses montures tranquillement au chaud.
Je les place dans une boîte remplie de polystyrène pour éviter le bruit et le mélange de tous ces accessoires.En plus des n°s 0,1,2 et 3, j'ai toujours quelques grosses montures pour les ouvertures en eaux très fortes.
- Les hameçons
Pour l'ouverture, j'utilise des triples n°6 bleus (qui sont fins de fer et très piquants). Eux aussi sont placés séparément dans la boîte.
- Les aiguilles
Après en avoir perdu quelques unes, j'ai fini par les recouvrir de blanco puis d'une peinture fluo et depuis, même si elles m'échappent toujours des mains, je les retrouve facilement.
- Les épingles
Même si j'ai vérifié les trous des montures, inévitablement, au cours des parties de pêche, elles s'obstruent à nouveau par l'entrée de petits cailloux. Deux ou trois épingles garnissent en permanence ma boîte.
Le reste !!!
Les cuissardes sont vérifiées (l'eau est bien froide à l'ouverture !), la veste de pêche garnie de tout ce petit matériel dont le pêcheur ne peut se passer (ciseaux, mètre - pour mesurer les truites -, couteau - pour nettoyer les poissons -, bobine de fil pour le bas de ligne, carte de pêche, chiffon, ...).
Il n'est pas superflu de prévoir canne et moulinet en double, tenue de change (un bain à cette saison n'est franchement pas très agréable) et le guide de pêche (pour explorer d'autres secteurs).
Le plus difficile, c'est ... d'attendre l'ouverture.
Jean-Michel Urvoy